Les marchés émergents regroupent la Chine, l’Inde, Taïwan, la Corée du Sud, le Brésil et une vingtaine d’autres pays. Y investir via un ETF achète d’un coup des centaines d’entreprises de ces zones, là où le stock-picking individuel est risqué et peu accessible. Reste à trancher trois questions : quel indice suivre, quelle enveloppe (PEA ou compte-titres), et quelle place donner à la Chine, qui pèse à elle seule près d’un quart du panier classique.
Que contient un ETF marchés émergents ?
La quasi-totalité des trackers émergents répliquent l’indice MSCI Emerging Markets, ou l’une de ses déclinaisons. Il regroupe environ 1 200 grandes et moyennes valeurs réparties sur 24 pays, soit à peu près 85 % de la capitalisation flottante de chacun. Si la mécanique des trackers n’est pas claire, notre guide qu’est-ce qu’un ETF reprend les bases.
La répartition par pays : Taïwan et la Corée devant la Chine
La composition réelle surprend souvent. Selon les données MSCI de mai 2026, le trio de tête de l’indice MSCI Emerging Markets est :
- Taïwan : environ 25 %, tiré par les semi-conducteurs.
- Corée du Sud : environ 23 %, mémoire et électronique.
- Chine : environ 19 %, après plusieurs années de baisse de son poids.
L’Inde, le Brésil, l’Arabie saoudite et l’Afrique du Sud complètent le gros du reste. La part de la Chine, longtemps proche de 30 à 40 %, a fondu depuis le pic de 2021 sous l’effet de la chute des valeurs chinoises et de la montée des autres marchés. Elle reste néanmoins le pays le plus scruté de l’indice, et la principale source de débat.
La concentration sectorielle et les plus grosses lignes
L’indice est massivement orienté technologie : l’informatique pèse environ 43 % et la finance 18 %. Conséquence, les premières lignes sont des géants des puces et de l’électronique. Dans l’iShares Core MSCI EM IMI, le top 5 réel à fin juin 2026 est :
- Taiwan Semiconductor (TSMC) : 12,89 %
- Samsung Electronics : 6,84 %
- SK Hynix : 5,95 %
- Tencent : 2,34 %
- Alibaba : 1,80 %
Un quart de l’ETF tient donc dans trois fabricants de semi-conducteurs asiatiques. C’est un point clé : « marchés émergents » rime davantage avec puces taïwanaises et mémoire coréenne qu’avec consommation indienne ou matières premières brésiliennes.
MSCI EM, IMI, ESG, ex-China : quelle version choisir ?
Le même thème se décline en plusieurs indices, et le choix a des conséquences concrètes sur le contenu du fonds.
- MSCI Emerging Markets (standard) : environ 1 200 grandes et moyennes capitalisations. C’est la base, suivie par la plupart des ETF.
- MSCI Emerging Markets IMI : ajoute les petites capitalisations, ce qui porte le nombre de lignes au-delà de 3 000. Plus diversifié, à peine plus cher.
- Versions ESG / Transition : filtrent les sociétés selon des critères extra-financiers. C’est le cas de l’Amundi PEA Emergent, qui suit le MSCI EM ex-Egypt ESG Broad CTB Select.
- MSCI Emerging Markets ex China : retire purement et simplement les actions chinoises. Une tendance forte depuis 2022, pour qui veut piloter séparément son exposition à la Chine.
Pourquoi l’« ex-China » a le vent en poupe : beaucoup d’investisseurs veulent garder l’Inde, Taïwan et l’Amérique latine, mais doser la Chine à part (risque réglementaire, gouvernance, géopolitique). Détenir un ETF émergents ex China + une petite ligne Chine ou Asie dédiée permet ce réglage fin, impossible avec un seul fonds global.
Comparatif des ETF pays émergents 2026
Six ETF UCITS couvrent les principaux usages : exposition large classique, version PEA, version sans la Chine, et focus pays. Les frais (TER), encours et codes ISIN sont à jour à fin juin 2026, croisés avec justETF. Vérifiez le Document d’Informations Clés (DIC) avant d’investir.
| ETF | ISIN | TER | Indice | Réplication | PEA | Capi/Distrib. |
|---|---|---|---|---|---|---|
| iShares Core MSCI EM IMI | IE00BKM4GZ66 | 0,18 % | MSCI EM IMI | Physique | Non | Capitalisant |
| Xtrackers MSCI Emerging Markets 1C | IE00BTJRMP35 | 0,18 % | MSCI EM | Physique | Non | Capitalisant |
| Amundi MSCI EM Swap EUR Acc | LU1681045370 | 0,20 % | MSCI EM | Synthétique | Non | Capitalisant |
| Amundi PEA Emergent | FR0013412020 | 0,30 % | MSCI EM ESG Transition | Synthétique | Oui | Capitalisant |
| Amundi MSCI Emerging ex China | LU2009202107 | 0,15 % | MSCI EM ex China | Synthétique | Non | Capitalisant |
| Franklin FTSE India | IE00BHZRQZ17 | 0,19 % | FTSE India 30/18 Capped | Physique | Non | Capitalisant |
Le choix se joue sur l’enveloppe avant tout : PEA ou compte-titres. Vient ensuite l’angle (avec ou sans Chine, large ou focus pays), puis les frais, qui restent serrés entre 0,15 % et 0,30 %.
iShares Core MSCI EM IMI (IE00BKM4GZ66)
Le poids lourd du segment : 37 Md€ d’encours, plus de 3 000 lignes, small caps incluses. Sa réplication est physique (le fonds détient réellement les actions) et son TER de 0,18 % est parmi les plus bas. C’est l’option « cœur de portefeuille émergents » par défaut sur un compte-titres, la plus diversifiée et la plus liquide.
Capitalisant · USD · PEA : Non · CTO
Xtrackers MSCI Emerging Markets 1C (IE00BTJRMP35)
Alternative directe à l’iShares, même TER (0,18 %), 11,7 Md€ d’encours. Il suit le MSCI EM standard (sans les small caps) par échantillonnage physique optimisé. Très bon choix pour qui veut l’indice classique sans surcoût, dans une grande maison.
Capitalisant · USD · PEA : Non · CTO
Amundi PEA Emergent (FR0013412020)
Le seul moyen sérieux de loger les émergents dans un PEA. Sa réplication synthétique (swap) lui permet de respecter la règle des 75 % d’actions UE en portefeuille tout en exposant l’investisseur à un indice émergents (MSCI EM ESG Transition). TER de 0,30 %, 847 M€ d’encours, libellé en euros. Le prix à payer pour la fiscalité du PEA.
Capitalisant · EUR · PEA : Oui
Amundi MSCI Emerging ex China (LU2009202107)
Pour piloter la Chine à part. Il réplique le MSCI Emerging Markets sans les actions chinoises, par swap, pour un TER de seulement 0,15 % et près de 4,8 Md€ d’encours. À associer à une ligne Chine ou Asie dédiée si l’on veut garder une exposition, mais dosée à la main.
Capitalisant · USD · PEA : Non · CTO
Franklin FTSE India (IE00BHZRQZ17)
Le focus pays le plus demandé. Plutôt qu’un indice global, il cible la seule Inde via le FTSE India 30/18 Capped, en réplication physique, pour 0,19 % de frais et 1,8 Md€ d’encours. À réserver à qui veut surpondérer l’Inde au-delà de son poids dans un indice émergents. Le sujet est creusé dans notre page investir dans un ETF Inde.
Capitalisant · USD · PEA : Non · CTO
Amundi MSCI EM Swap EUR Acc (LU1681045370)
Une option synthétique en euros sur compte-titres, TER de 0,20 %, 4,3 Md€ d’encours. La réplication par swap peut légèrement réduire l’écart de suivi (tracking error) sur les indices émergents, où la détention physique de certains titres reste contraignante. À considérer si vous préférez la mécanique synthétique sans viser le PEA.
Capitalisant · EUR · PEA : Non · CTO
Un ETF marchés émergents est-il éligible au PEA ?
En règle générale, non — sauf un cas précis. Le PEA n’accepte que les fonds investis à au moins 75 % en actions de l’Union européenne. Or les émergents sont par définition hors UE. Un ETF émergents en réplication physique détient de vraies actions chinoises, taïwanaises ou indiennes : il ne peut donc jamais entrer dans un PEA.
La seule façon d’avoir des émergents dans un PEA passe par un ETF synthétique. Le fonds détient un panier d’actions éligibles (souvent européennes) et échange leur performance contre celle de l’indice émergents via un swap. Sur le papier, l’enveloppe respecte la règle des 75 % ; en pratique, vous suivez bien les marchés émergents.
Pour le PEA, l’Amundi PEA Emergent (FR0013412020) est aujourd’hui la référence quasi unique. C’est la même logique que pour les autres thèmes hors-UE rendus éligibles par synthèse, comme un ETF MSCI World version PEA. Si vous tenez à la réplication physique ou à un choix plus large, il faut basculer sur un compte-titres.
Fiscalité : PEA contre compte-titres
L’écart fiscal est l’argument central en faveur du PEA, malgré ses contraintes.
En PEA
Après 5 ans de détention du plan, les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, et uniquement au retrait. Sur un horizon long, c’est nettement plus avantageux. Contrepartie : plafond de versements de 150 000 €, et un seul ETF émergents réellement disponible.
En compte-titres
L’ETF relève du prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) sur les plus-values et dividendes, avec option pour le barème progressif. Comme les six ETF ci-dessus sont capitalisants, ils ne versent rien : l’imposition n’intervient qu’à la revente. Avantage du CTO : un choix bien plus large (IMI, ex-China, focus pays) et la réplication physique.
Dernier point commun : la plupart de ces fonds sont libellés en dollars. La performance en euros dépend donc aussi du change EUR/USD, sauf pour les parts en euros (Amundi PEA Emergent, Amundi MSCI EM Swap EUR), qui ne sont pas pour autant couvertes contre le risque de change des devises émergentes sous-jacentes.
Les risques propres aux émergents
Ce sont des marchés à fort potentiel mais à amplitude élevée. Les principaux risques à intégrer :
- Volatilité supérieure : les indices émergents bougent davantage que le MSCI World, à la hausse comme à la baisse.
- Risque de change : aux devises émergentes (yuan, roupie, real) s’ajoute souvent l’exposition au dollar du fonds.
- Concentration sur la Chine et les semi-conducteurs : Chine, Taïwan et Corée pèsent à eux trois plus des deux tiers de l’indice, et la tech près de la moitié.
- Risque géopolitique et de gouvernance : tensions autour de Taïwan, réglementation chinoise imprévisible, qualité variable de la gouvernance d’entreprise selon les pays.
- Risque pays et liquidité : certains marchés restent moins profonds et plus sensibles aux sorties de capitaux.
Quelle place dans un portefeuille ?
Les émergents sont un satellite, pas un socle. Dans une allocation actions, ils se justifient comme complément de diversification d’un cœur de portefeuille mondial.
Beaucoup de portefeuilles « monde » sous-pondèrent déjà les émergents : un ETF MSCI World n’en contient aucun, et un ETF ACWI n’y consacre qu’environ 10 %. Ajouter une ligne émergents dédiée permet d’ajuster ce poids à la hausse, selon sa conviction. À l’inverse, surpondérer un seul pays (Inde, Chine) relève du pari thématique, à réserver à une petite fraction.
Comment acheter un ETF émergents, étape par étape
- Choisissez l’enveloppe : PEA (alors Amundi PEA Emergent, FR0013412020) ou compte-titres pour le reste du choix.
- Ouvrez le plan ou le compte chez un courtier donnant accès à Euronext et Xetra.
- Recherchez le fonds par son code ISIN et vérifiez qu’il s’agit bien de la part voulue (capitalisante, devise).
- Passez un ordre comme pour une action, de préférence en limite plutôt qu’au marché.
- Limitez la ligne à 5-15 % de votre poche actions : c’est un complément, pas un cœur de portefeuille.
FAQ
Quel est le meilleur ETF pays émergents ?
Sur un compte-titres, l’iShares Core MSCI EM IMI (IE00BKM4GZ66, 0,18 %) est le plus complet, avec plus de 3 000 lignes et 37 Md€ d’encours. Pour un PEA, l’Amundi PEA Emergent (FR0013412020, 0,30 %) est le seul choix sérieux. Pour éviter la Chine, l’Amundi MSCI Emerging ex China (LU2009202107, 0,15 %).
Quel ETF émergents est éligible au PEA ?
L’Amundi PEA Emergent (MSCI Emerging) ESG Transition, FR0013412020. C’est un ETF synthétique : sa réplication par swap lui permet de respecter la règle des 75 % d’actions UE tout en suivant l’indice émergents. Les ETF émergents physiques, eux, ne sont jamais éligibles au PEA.
Quels sont les 5 pays émergents principaux d’un ETF MSCI EM ?
D’après les données MSCI de mai 2026, l’indice MSCI Emerging Markets est dominé par Taïwan (environ 25 %), la Corée du Sud (environ 23 %) et la Chine (environ 19 %), devant l’Inde et le Brésil. L’indice couvre 24 pays au total.
Quels sont les 3 meilleurs ETF à avoir dans un PEA ?
Une base courante combine un ETF Monde ou S&P 500 éligible PEA, un ETF Europe (Stoxx 600 ou MSCI Europe), et une ligne émergents via l’Amundi PEA Emergent (FR0013412020). Cette dernière apporte la diversification hors zones développées que les deux premiers ignorent.
Faut-il un ETF émergents avec ou sans la Chine ?
Tout dépend de votre vision de la Chine. Un ETF MSCI EM classique y consacre environ 19 % aujourd’hui ; un ETF ex China la retire totalement. Beaucoup d’investisseurs préfèrent désormais un fonds ex China associé à une petite ligne Chine ou Asie dédiée, pour doser cette exposition séparément.
Quelle part de marchés émergents dans un portefeuille ?
Un repère répandu est 5 à 15 % de la poche actions. Cela suffit à diversifier au-delà des marchés développés sans surexposer le portefeuille à la volatilité élevée des émergents. Au-delà, le risque global augmente sensiblement.
Peut-on acheter un ETF émergents sur Boursorama ou Trade Republic ?
Oui, via un PEA ou un compte-titres : il suffit de chercher l’ISIN du fonds (par exemple FR0013412020 pour la version PEA) sur la plateforme et de passer l’ordre. Ces ETF se négocient sur Euronext et Xetra.
Un ETF émergents verse-t-il un dividende ?
Les six ETF présentés ici sont capitalisants : les dividendes des sociétés sont réinvestis dans le fonds, et vous n’êtes imposé qu’à la revente. Des versions distribuantes existent chez d’autres émetteurs pour qui cherche un revenu régulier.
Information, et non conseil en investissement. Cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas une recommandation personnalisée. Un ETF marchés émergents comporte un risque élevé de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Frais, encours, codes ISIN, poids des pays et règles fiscales sont indicatifs, datés de juin 2026, et peuvent évoluer : référez-vous au DIC de chaque produit et, au besoin, à un conseiller agréé.
Méthodologie : sélection des ETF UCITS marchés émergents les plus capitalisés et négociables en euros en Europe, couvrant les principaux usages (exposition large, version PEA, version ex China, focus pays). Données (ISIN, indice, TER, encours, réplication, composition) croisées entre les émetteurs et l’agrégateur indépendant justETF, vérifiées en juin 2026. Éligibilité PEA appréciée au regard de la règle des 75 % d’actions UE et de la réplication synthétique.

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